Toujours aussi détesté par les uns que passionnément défendu par les autres, le Mur pour la Paix, qui trône depuis 16 ans en bordure du Champ-de-Mars (VIIe), vient de remporter une nouvelle bataille : celle de l’argent et des mécènes prêts à mettre la main à la poche pour en assurer les réparations

L’appel aux dons lancé en février sur une plate-forme de financement participatif par l’écrivain Marek Halter et son épouse Clara, principale créatrice du monument gravé du mot « paix » en 32 langues, a déjà rapporté plus que les 45 000 € espérés par ses initiateurs.

« C’était l’objectif visé au 1er juin. Or, nous sommes déjà à 46 500 € et les chèques continuent d’arriver, comme ce [mardi] matin encore une contribution de la Fondation Abbé Pierre », se réjouit Marek Halter. Un défi que l’écrivain n’espérait pas relever si rapidement, et qui lui donne des ailes face aux détracteurs de cet édifice délabré et souvent vandalisé.

A ceux qui misaient sur les installations de la fan-zone de l’Euro de football, le mois prochain, pour obtenir le démontage du Mur, le couple Halter répond par… un calendrier précis : après l’ultime fête de l’Euro, aussitôt « désempaqueté » le monument que le gestionnaire de la fan-zone a prévu d’isoler par des structures rigides, ce sont les grues de la miroiterie montreuilloise Detton qui prendront le relais.

« La commande des plaques de verre feuilleté est déjà lancée, toutes les gravures seront prêtes et deux jours suffiront à rendre son aspect au Mur de la Paix », assure Marek Halter. Quant aux réparations exigées par la préfecture, «nous n’attendrons pas. La réfection de l’éclairage, du sol et des accès seront réalisés dès que possible », promet-il.

Rachida Dati fulmineEt comme Marek Halter a décidé de rendre sa légitimité symbolique au « Mur de Clara », comme il aime à l’évoquer, il a aussi mené campagne pour obtenir que, malgré la fan-zone, malgré son empaquetage, le monument affiche haut et fièrement son message de paix : les 32 traductions pourraient figurer sur un gigantesque autocollant, apposé sur les palissades de protection.

«La décision doit être validée cette semaine mais tous les partenaires de l’opération sont d’accord, notamment le gestionnaire de la fan-zone, le groupe Lagardère, et la maire de Paris », assure Marek Halter, pour qui « cela donnerait un sens particulier à cette grande manifestation populaire qui attend jusqu’à 92 000 personnes. Cela fait autant de regards sur le message de paix. »

Il en reste une que les époux Halter ne parviennent pas à convaincre : la maire (LR) du VIIe, Rachida Dati, décidément hostile au monument. « Je suis sidérée qu’une structure illégale sur un site classé soit maintenue, qui plus est durant l’Euro, avec les mesures de sécurité qui sont déployées », s’agace-t-elle. « Une nouvelle fois, les amitiés de Marek Halter au plus haut sommet de l’Etat ont joué en sa faveur. C’est une insulte au droit et à la loi. »

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